Christophe Cornevin 29/09/2009 - (source) Le figaro

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Une femme enlevée

Marie-Christine Hodeau

 

Le suspect a déjà été condamné

 

 

Les services de gendarmerie était, lundi soir, à la recherche de cette jeune femme,

Marie-Christine Hodeau kidnappée dans l'Essonne.


La victime faisait son jogging dans la forêt de Fontainebleau lorsqu'elle a été menacée d'un couteau par un automobiliste.

« Cette affaire mystérieuse recèle tous les ingrédients d'une énigme criminelle…» Lundi, un gendarme ne dissimulait pas son inquiétude après l'enlèvement d'une femme de 42 ans faisant son jogging dans la forêt de Fontainebleau.

Selon les premiers éléments de l'enquête confiée à la section de recherches de Paris et au groupement départemental de l'Essonne, le rapt a pris d'emblée une tournure rocambolesque. La victime, qui habite Milly-la-Forêt (Essonne), n'avait pas été retrouvée lundi soir. Elle courait aux abords de la commune voisine d'Oncy-sur-École lorsqu'elle a été abordée vers 9 heures par un inconnu roulant à bord d'une Peugeot 106. L'agresseur, armé d'un couteau, l'aurait alors contrainte de monter dans sa voiture avant de l'enfermer dans le coffre.

Dans des circonstances qui restent à déterminer, la quadragénaire est parvenue à appeler la gendarmerie depuis la malle arrière où elle était tenue enfermée. Selon nos informations, elle a été en mesure de fournir le numéro d'immatriculation du véhicule et des éléments de signalement. En revanche, la communication a été brutalement interrompue sans qu'elle ait pu préciser l'endroit où elle pouvait se trouver. «Il est possible qu'elle ait parlé trop fort et donné l'alerte au conducteur, qui s'est arrêté pour lui confisquer son portable…», estimait un enquêteur.

La Peugeot 106, de couleur grise et immatriculée à Paris, a été retrouvée en milieu de journée à la frontière entre les départements de l'Essonne et du Loiret. Les gendarmes, qui ont mobilisé plus de 150 hommes, dont des gendarmes mobiles, un hélicoptère ainsi que des chevaux de la Garde républicaine, ont interpellé le suspect en milieu d'après-midi. Âgé d'une cinquantaine d'années, il a été placé en garde à vue. Comme la victime, il habite dans le secteur de Milly-la-Forêt, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris. L'agence AP indique par ailleurs que cet homme avait déjà été condamné en 2000 pour l'enlèvement et le viol d'une mineure de 13 ans. Il avait été libéré en 2008.

La joggueuse portait un débardeur orange et un cuissard noir, des baskets noir et blanc, une banane de couleur noire autour de la ceinture. Elle est mince, blonde et mesure environ 1,80 m.

La gendarmerie sollicite «toute personne qui aurait pu apercevoir la jeune femme ou le véhicule Peugeot dans le secteur Milly-la-Forêt, Oncy-sur-École, Malesherbes, Échilleuses». Les témoins peuvent contacter la gendarmerie au 01 60 79 65 00, précise l'appel à témoins. Les grandes battues menées par les militaires jusqu'à la tombée de la nuit devaient reprendre tôt ce matin. Cet enlèvement n'est pas sans rappeler celui de Nelly Crémel, sportive de 39 ans, assassinée par deux routards le 2 juin 2005 alors qu'elle courait dans un bois de Reuil-en-Brie.



information de Christophe Cornevin le 30/09/2009 - (source) le figaro


Le corps de la jeune femme, Marie-Christine Hodeau retrouvé ...


Peu avant 20 heures, un convoi a escorté le suspect en direction de la commune de Malesherbes.
L'ancien violeur récidiviste, écroué mercredi, a reconnu avoir étranglé la victime, et a livré, lors de son interrogatoire, un scénario apparemment fantaisiste de l'enlèvement.

Après quarante-huit heures de dénégations obstinées et de déclarations fantaisistes lors de sa garde à vue devant les gendarmes, l'ex-violeur est passé aux aveux et a conduit les enquêteurs jusqu'au corps de sa victime présumée, mercredi soir, à proximité de Boissy-aux-Cailles, en Seine-et-Marne. Lors de son premier interrogatoire mercredi après-midi, dans le bureau d'un magistrat instructeur d'Évry, Manuel R., récidiviste de 47 ans dont le contrôle judiciaire avait été levé en novembre dernier, a reconnu avoir enlevé et étranglé Marie-Christine Hodeau, la joggeuse disparue lundi matin dans un bois de Milly-la-Forêt. « Il a fini par dire ce que tout le monde attendait », a déclaré l'avocat du suspect, Me Laurent Caruso.

Au cours de cet entretien, le suspect a décrit son scénario de l'enlèvement. Il prétend ainsi avoir enlevé la victime, sans motivation, ni connotation sexuelle. Toujours selon ses dires, il aurait attaché Marie-Christine Hodeau à un arbre, à l'aide d'un câble, tout en la laissant habillée. Une fois de retour chez lui, et pour une raison incompréhensible pour l'instant, il affirme avoir décidé de revenir sur les lieux de l'enlèvement. Sur le chemin du retour, il dit avoir croisé sa victime, qui aurait donc réussi à se détacher, pendant ce laps de temps. Pris de panique, il affirme l'avoir de nouveau enlevée pour cette fois l'entraîner dans un bois voisin et l'étrangler. Manuel R. raconte ensuite avoir pris les «affaires» que la joggeuse avait sur elle, pour les jeter dans une rivière.

«Geler la scène»
Ce n'est qu'en début de soirée que ce père de quatre enfants a consenti à donner des indications sur l'endroit où reposait le corps sans vie de sa victime. Peu avant 20 heures, un convoi l'a escorté en direction de la commune de Malesherbes, en Seine-et-Marne. Une demi-heure plus tard, les enquêteurs ont annoncé avoir retrouvé le cadavre de la joggeuse, dissimulé «dans un trou (...) sous des branchages», dans une zone boisée à proximité de Boissy-aux-Cailles.

La police technique et scientifique devait rapidement se rendre sur place pour «geler la scène» et commencer à procéder à l'autopsie du corps. Le juge d'instruction Mickaël Ghir, rattaché au tribunal de grande d'instance d'Evry, s'est lui aussi déplacé sur les lieux.

Mis en examen et écroué pour « enlèvement et séquestration en état de récidive légale », l'ex-violeur devait être placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). Ses lourds antécédents judiciaires ainsi qu'un faisceau d'indices concordants l'accablaient. Il a surtout été trahi par une preuve matérielle a priori irréfutable : une trace ADN de la quadragénaire disparue a en effet été révélée grâce à la technique dite du « tamponnoir » sur le plat de sa main gauche. L'assassin présumé de la joggeuse avait par ailleurs été repéré vers 8 h 30 au volant de la Peugeot de couleur grise immatriculée à Paris décrite quarante minutes plus tard par la victime quand celle-ci était encore enfermée dans le coffre du véhicule. Grâce à son téléphone mobile, elle avait pu alerter les gendarmes de la plate-forme d'appels d'Évry avant que l'appel ne soit basculé vers la brigade de Milly-la-Forêt. Comme en témoigne la bande enregistrée, la conversation a duré 2 minutes et 17 secondes au terme desquelles les enquêteurs ont entendu la voiture s'arrêter, le coffre-fort s'ouvrir, avant qu'un silence pesant ne se fasse soudain.

Localisée par un hélicoptère de la gendarmerie
Filmée par la caméra de vidéosurveillance non loin du parking d'un magasin Intermarché d'Oncy-sur-École (Essonne), commune voisine de Milly-la-Forêt, la Peugeot avait été localisée par un hélicoptère de la gendarmerie dans la cour d'une longère d'Échilleuses (Loiret) où l'assassin présumé de Marie-Christine Hodeau était employé comme gardien, tout comme sa compagne. Voyant la voiture vide et son moteur encore chaud, les militaires avaient cassé la vitre dans l'espoir de retrouver la disparue. En vain. Joint par sa femme sur l'injonction des gendarmes, le suspect était revenu de son plein gré dans la propriété une heure plus tard, au volant d'une BMW cabriolet acquise dans des conditions encore obscures. « Il a ensuite réfuté les évidences et s'est tu comme on apprend à le faire en prison… », remarquait hier un officier de gendarmerie.

En 2002, il avait été condamné à " 11 " onze années de réclusion criminelle pour le viol, l'enlèvement et la séquestration d'une fillette de 13 ans à Échilleuses. Après " 7 " sept années de détention, il avait bénéficié d'une

 

libération conditionnelle pour bonne conduite.

« Sa peine s'est achevée en novembre 2008 sans qu'aucun incident n'ait été signalé »,

" précise-t-on de source judiciaire ".

Rien n'interdisait alors à cet homme de revenir à Échilleuses, où il s'est installé à quelques centaines de mètres du domicile de son ancienne victime.

Mercredi, le père de la petite victime redoutait que l'homme confondu cette fois pour le kidnapping et le meurtre de Marie-Christine Hodeau ne soit l'auteur d'autres crimes.

 

Commentaires

7 ans pour enlèvement, séquestration et viol d'une fillette de 13 ans, les affaires se suivent, se ressemblent, et me révoltent.

" Je demande la perpétuité incompressible "

je plains l'avocat qui va défendre cet individu, là franchement je ne voudrais pas être à sa place...

 

Je suis triste pour vous et vos proches...  Marie-Christine reposez en paix ...

 

Christophe Cornevin - 01/10/2009

 

L'assassin présumé de Marie-Christine Hodeau remis deux fois en liberté



Un diagnostic médical contestable et un semblant de valse-hésitation judiciaire ont émaillé le dossier de Manuel Ribeiro Da Cruz, criminel récidiviste mis en examen et écroué pour l'assassinat de Marie-Christine Hodeau, kidnappée lundi dernier alors qu'elle faisait son jogging dans un bois près de Milly-la-Forêt (Essonne). Âgé aujourd'hui de 47 ans, marié et père de quatre enfants dont l'un est engagé dans les forces françaises en Afghanistan, il avait été condamné le 18 juin 2002 à onze années de réclusion criminelle pour l'enlèvement, la séquestration et le viol le 1er octobre 2000 d'une fillette de 13 ans qui était sa voisine à Échilleuses, village de 300 habitants du Loiret. Déjà à l'époque, il avait fait usage d'un couteau et fait monter de force sa victime dans sa voiture avant d'abuser d'elle. Le collège de trois médecins qui ont examiné Manuel Ribeiro Da Cruz, jusque-là inconnu de la justice, ne remarque «aucune anomalie mentale ou psychique de dimension psychiatrique aliénante». En revanche, les experts avaient noté une «dépendance à l'alcool» entraînant un «penchant sexuel agressif inapproprié».

En d'autres termes, sa criminelle perversion ne serait consécutive qu'à l'abus de la bouteille... «Si la psychiatrie était une science exacte, cet homme serait évidemment resté derrière les barreaux», concédait jeudi un magistrat, précisant que «Manuel n'avait pas bu le moindre verre avant d'agresser mortellement Marie-Christine Hodeau». C'est donc sous les traits d'un repenti de la bouteille, bon père de famille disposant de garanties de représentation que Manuel formule une première demande de libération conditionnelle, rejetée le 30 septembre 2005 par le tribunal d'application des peines de Melun.


Alcooliques anonymes

Mais, le 5 janvier 2006, la cour d'appel de Paris fait droit au pourvoi en appel du violeur : ce dernier est relâché une première fois à condition qu'il se soumette à des obligations de soins chez un alcoologue, qu'il ait un emploi et, surtout, qu'il ne rentre pas en contact avec sa victime ou ne fréquente le village d'Échilleuses.

Sa liberté de mouvement est de courte durée. Cinq mois après, le juge d'application des peines lui retire le bénéfice de sa conditionnelle considérant qu'il ne travaille plus et qu'il a quitté son domicile de Paris pour s'installer à moins de vingt kilomètres du domicile de son ex-victime.

Persévérant, le violeur reformule une nouvelle demande, acceptée en février avec un effet à compter du 5 mars 2007. À partir de cette date et jusqu'à la fin de sa peine le 21 novembre dernier, Manuel Ribeiro Da Cruz devait pointer chez les Alcooliques anonymes. «Ses obligations de soins, son domicile ainsi que son travail étaient surveillés mensuellement par le service de probation et d'insertion», précise le procureur adjoint d'Évry, Michel Lernoult. Un rapport était transmis tous les trois mois au juge d'application des peines qui avait convoqué Manuel Ribeiro Da Cruz en mai puis octobre 2007 après avoir pris connaissance de rumeurs selon lesquels ce dernier rôdait à Échilleuses. Après ces rappels à la loi, le récidiviste a attendu d'avoir purgé sa peine pour revenir s'établir à côté du domicile de la fillette agressée. La famille de cette dernière redoutait que le prédateur ne repasse à l'action. Jeudi, gendarmes et policiers commençaient un minutieux travail de rapprochements entre l'assassinat de Marie-Christine Hodeau et d'autres affaires non résolues. La plus intéressante concerne Caroline Marcel, 45 ans, partie elle aussi faire son jogging avant d'être découverte, le 23 juin 2008, étranglée dans une rivière à Olivet (Loiret). À cette époque, Manuel Ribeiro Da Cruz
achevait sa seconde libération conditionnelle.

 

 

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